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  • Hugo Martin

L'huile de coco, bon plan ?

Dernière mise à jour : 20 avr.


L'huile de coco a le vent en poupe ces dernières années, on dit même d'elle qu'il s'agit d'un "super-aliment" ! Qu'en penser ? Mérite-t-elle cet engouement ? C'est ce que nous allons essayer de découvrir ! #diet #healthyfood #coconut #santé



Allié minceur, cardioprotectrice, effets bénéfiques sur le cerveau et le système nerveux, renfort de votre immunité, amie de votre peau, partenaire beauté, ... Ça en fait des bienfaits pour une seule huile ! On comprends vite pourquoi elle est devenue la star de nos placards à l'heure actuelle. Ses qualités très enthousiasmantes nous font nous poser une question cependant, sont-elles toutes réelles ? Quelles sont les infos et quelles sont les intox ?



N'étant pas un spécialiste en cosmétique et soins du corps, nous allons surtout nous intéresser à la partie nutritionnelle de la question, mais pas que.




 




Une aide précieuse dans la perte de poids ?






Une grande majorité des adeptes de l'huile de coco la vénère grâce à ses bienfaits supposés autour de la perte de poids. Nous allons donc nous tourner vers ce que l'on sait de façon sûre au sujet de l'huile de coco, c'est-à-dire pas grand chose :


  • Elle contient 89% d'acides gras saturés, ce qui est énorme quand on sait que le beurre en contient 62% et le lard 43%, mais nous allons nuancer cette donnée par la suite ;


  • Elles est très riche en Triglycérides à Chaînes Moyennes (TCM), molécules ayant certaines propriétés supposées ;


  • Mais le plus important : Il n'existe encore que très peu d'études scientifiques sérieuses traitant le sujet de l'huile de coco.



Pour les acides gras saturés, deux choses sont à retenir. La première c'est qu'il n'existe aucune étude sérieuse prouvant de façon scientifique leur nocivité dans le cas de maladies cardiovasculaires. A ce sujet la communauté scientifique se pose d'ailleurs beaucoup de questions à l'heure actuelle puisqu'un scientifique a publiquement pointé cette vérité du doigt, mettant en doute des années de certitudes scientifiques. La deuxième est que l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) reste sur ses positions tant qu'aucune preuve réfutant leur nocivité n'aura été trouvée.



La seule chose dont on peut être sûr à leur sujet, c'est qu'on en consomme beaucoup trop ! Ils sont présents dans presque tous les aliments et surtout dans les produits ultra-transformés qui inondent nos super-marchés qui sont, en plus, de mauvaise qualité. Une alimentation riche en acides gras saturés à tendance aussi à installer durablement les graisses superficielles ce qui favorise le surpoids en rend difficile toute perte de poids. C'est surtout pour cela qu'on doit faire attention à ne pas en mettre trop dans nos assiettes.



Parlons à présent des fameux TCM ! Ils constituent 60% de l'huile de coco, aliment qui en contient le plus, mais qu'ont-ils de si formidable ? Je ne vais pas rentrer dans le détail scientifique qui serait très long, mais certaines études auraient montrées 3 avantages à leur consommation :



  • Disponibilité d'énergie immédiate dans le sang, donc diminution du stockage des graisses ;


  • Augmentation du métabolisme, donc on brûle plus de calories ;


  • Réduction de la sensation de faim, grâce à la production de cétones induite par les TCM.



Attention ! Ces résultats sont aussi à nuancer ! Pourquoi ? Parce que sur la totalité des études ayant pour sujet les TCM, la moitié ont obtenues des résultats, l'autre moitié n'en a eu aucun. De plus, toutes ces études sont tombées d'accord sur un point : Si effet il devrait y avoir, ils seraient plutôt modestes.



Donc l'huile de coco est-elle réellement un allié minceur ? Vu le manque de certifications scientifiques sur le sujet, il serait très prétentieux de le vendre comme tel. Cependant, certaines personnes sans scrupules n'hésites pas à profiter de la crédulité de beaucoup de consommateurs.







 





Une solution contre Alzheimer ?





Il a été prouvé qu'Alzheimer empêche le cerveau d'utiliser le glucose, son principal carburant, ce qui explique sa dégradation. En roue de secours, il utilise alors d'autres molécules, les corps cétoniques, qui proviennent du métabolisme des corps gras. Un régime cétogène, riche en graisses et faible en glucides, serait donc une piste pour les chercheurs. De plus, une amélioration a été constaté sur des souris atteintes de la maladie grâce à des tests, mais tout reste à prouver sur l'Homme.



Mais quel lien avec l'huile de coco ? Et bien les TCM qui la composent favorisent la production de corps cétoniques dans l'organisme, même sans régime cétogène. De grands espoirs sont alors nés.



Cependant les études sont en cours, et le seul point qui en est actuellement ressorti, c'est qu'une énorme quantité de TCM, enfin d'acide caprylique (TCM responsable de l'atténuation des effets néfastes de la maladie), serait nécessaire pour voir la maladie régresser et que cela aurait un effet dévastateur sur le système gastro-intestinal du malade.



Dans le même temps, le Dr. Mary T. Newport, indépendamment, a utilisé l'huile de coco pour essayer de traiter son mari atteint par la maladie avec, semble-t-il, des résultats stupéfiants (il remarche normalement, il lit de nouveau, a retrouvé de l'autonomie et son sens de l'humour). Elle l'a aussi proposé à ses patients, cependant le bilan est plus contrasté avec des améliorations pour certains et pas de changement pour d'autres.



Pour le moment donc, difficile de conclure que l'huile de coco pourrait être un remède à ce fléau, même si des pistes existent.





 




Un très bon antibactérien ?



Certaines études lui accordent aussi une certaine capacité antibactérienne qui serait dû a sa grande concentration en acide laurique (50% des acides gras saturés présents dans l'huile) qui est un acide gras qui participe à la constitution du système immunitaire du nourrisson en prévenant l'apparition de certaines maladies mortelles.



Des tests ont été faits pour vérifier ces dires sur le staphylocoque doré et sur Candida Albicans, et si ils se sont avérés positifs pour le staphylocoque doré, les quantités nécessaire pour que ça fonctionne sont encore une fois gigantesques et entraineraient des conséquences désastreuses pour les intestins....





 




Et le respect de l'environnement et de l'éthique ?






Histoire d'enfoncer le couteau dans la plaie des adorateurs d'huile de coco, on va rajouter deux p'tits points qui viennent encore noircir le tableau :



Ma belle planète ...



Vous connaissez tous les problèmes écologiques liés l'huile de palme ? Et bien si on se met à produire autant d'huile de coco que de palme (ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle même si la production augmente fortement ces dernières années), on aura presque les mêmes problèmes :


  • Besoin d'un grand nombre d'arbres : Le cocotier produisant peu et de manière irrégulière avec une demande de plus en plus forte, le nombre est la seule solution. Le cocotier poussant un peu n'importe où, il y aurait cependant moins de déforestation que pour le palmier ;


  • Dégradation de la biodiversité : La monoculture n'a jamais eu rien de bon pour la faune ou pour la flore, encore moins avec l'utilisation de produits chimiques plus que probable ;


  • Dégradation des sols et des nappes phréatiques : La culture intensive à coup d'engrais chimiques appauvri de plus en plus la richesse de nos terres et va contaminer les nappes phréatiques situé sous les cultures, ce qui peut polluer la vie souterraine et des sources d'eau pour les populations environnantes.



Heureusement la production actuelle est arrivée sur le marché grâce à la popularisation des aliments naturels, nombre d'acteurs travaillent donc en faveur du commerce équitable et du bio, limitant ainsi les déviances de la grosse industrie agroalimentaire.



En revanche, il y a un problème que ces acteurs ne pourront pas régler, c'est la distance de transport depuis les pays lointains d'où provient la noix de coco. Résultat ? Un bilan carbone plus que déplorable pour cette industrie.



... Et ses habitants !



La récolte de la noix de coco n'est pas une culture très respectueuse des producteurs. Les Philippines sont le plus gros producteur mondial et ses agriculteurs vivent pour une grosse partie dans l'extrême pauvreté, obligés d'acheter de l'engrais chimique pour produire suffisamment pour survivre et pouvoir racheter de l'engrais.



Ça l'est encore moins pour les animaux puisque beaucoup de producteurs utilisent des singes apprivoisés pour la récolte. Des bébés singes sont enlevés à leur mère et à leur communauté (alors que ce sont des animaux qui ont besoin de liens sociaux) et sont dressés et forcés toute leur vie à répéter les mêmes gestes. Les producteurs n'ont pas le choix s'ils veulent produire suffisamment pour survivre.




Seuls les producteurs bio, végan et bénéficiant du commerce équitable ne présentent pas ces problèmes donc si vous en achetez, regardez bien les certifications du produit qui sont très importantes ici.








 



Voilà, tout cela est à méditer. Ça ne sert à rien de la diaboliser ou de la mettre sur un piédestal, même les scientifiques ne parviennent toujours pas à trouver de réponses sur le sujet. Le flou est donc encore conséquent pour les consommateurs, sans parler des conjectures environnementales et éthiques qui laissent perplexe.



Si vous en consommez, ne l'utilisez que pour vos cuissons à haute température car elle reste une des rares huiles non raffinées à les supporter. N'en mangez pas tous les jours, préférez la variété des huiles pour diversifier vos apports en matières grasses et apporter à votre corps tout ce dont il a besoin.



A consommer avec modération !